Lorsque l’on souffre de troubles mentaux

Lorsque l’on souffre de troubles mentaux sévères, tel que dépression, bi-polarité, schizophrénie, etc, il faut savoir qu’il n’existe aucune solution simple (voire simpliste) pour en guérir. La maladie est épi-génétiquement inscrite au sein même de nos gènes, et c’est au prix d’une ré-harmonisation globale que la santé reprend ses droits.

“Guérir à tout prix” se présente souvent comme le leitmotif de ceux qui souffrent, et comment pourrait-il en être autrement, puisque l’atteinte rend la vie difficile du matin au soir, et, souvent même, du soir au matin.

Pour avoir été schizophrène, je sais qu’il m’a fallu une énorme persévérance, ne serait-ce que pour rester en vie dans un premier temps. Il m’en a fallu ensuite pour renoncer à certains projets qu’accomplissent les “gens normaux”, car la maladie m’occupait, ou plutôt occupait mes pensées, à plein temps. Enfin, il m’en a fallu pour persévérer à pratiquer des postures qui ne m’apportaient pas directement des résultats visibles, tangibles et exploitables.

Tu es né ainsi et c’est pas de chance ! Sans doute présentes-tu une sensibilité supérieure à la moyenne. Une sensibilité par laquelle tu as conservé une part d’esprit de l’enfant naïf, franc, pertinent et parfois “cash” face aux événements de l’existence. A “penser autrement”, sans doute es-tu plus créatif et plus imaginatif que la plupart des gens, mais tu ne trouves pas lieu où exprimer cette force pour te réaliser.

Cette sensibilité est peut-être aussi la raison pour laquelle tu as été affecté par une douleur profonde. Tu sens en toi que quelque chose, qui n’aurait pas dû se passer ainsi, s’est passé tout de même, et a entaché la construction de ta personnalité. Adulte, tu aimerais le devenir, mais quelque chose t’en empêche ! Tu as peur de la vie, tu as peur de toi-même, de tes émotions, des tes pensées, de tes réactions et de la réaction des autres… Tu stagnes alors dans un état qui semble toujours te ramener au point zéro.

Si tu te reconnais dans cette description, alors tu n’a guère le choix que de te prendre en charge. Tu seras aidé par des médecins, des amis, de la famille, des thérapies et peut-être des médicaments, mais sur le fond, tu ne dois jamais oublier qu’un ton sein, le noyau de ta personne est intact. Le chemin de la reconstruction t’appartient et fondamentalement, personne ne pourra le faire à ta place. Tu es né fragile et abimé et tu n’as guère le choix que d’aménager ta vie autour de cette réalité afin de la transformer en force.

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