Le processus

1- Quelles causes peuvent engendrer des troubles ressentis comme mentaux ?

En MPTS, on considère que les troubles ressentis et désignés comme mentaux sont consécutifs à des causes multifactorielles, dont :

  • Une prédisposition génétique sous la forme d’une personnalité très sensible (tempérament “éponge”) aux facteurs environnementaux (voir conférence de M. Boris Cyrulnic, 34′) ;
  • Des facteurs environnementaux sous la forme d’un/des trauma/s subit/s in-utéro ou/et dans la petite enfance, parfois plus tard. Sont considérés par “traumas”, un/des, choc/s psychologique/s important/s, parfois vécu/s et transmis involontairement par la mère.

La sévérité des troubles dépend de l’ancienneté et de l’intensité des traumas subits par le sujet. Le souvenir des événements est le plus souvent inconscient à son esprit.

D’autres facteurs environnementaux plus sournois et chroniques tels que des climats familiaux tendus, des objectifs éducatifs prématurés ou inadaptés, des “non-dits” relatifs à ses origines, etc. peuvent engendrent également des tensions qui, à terme, altèrent le développement de la morphologie.


2- L’expérience dissociative

Lors de violences extrêmes et incompréhensibles, sans échappatoire, impossibles à moduler car échappant à tous les repères acquis, le sujet est alors victime d’une expérience dissociative.

Confronté au danger, le corps sécrète des taux d’adrénaline et de cortisol (hormones qui préparent le corps et se défendre) si intenses qu’elles en deviennent toxiques pour l’organisme. Face à ce danger de mort imminente, le corps réagit par un système in extremis de survie en sécrétant intensément des drogues “dissociantes” endogènes, des endorphines et des drogues dites “kétamine-like” qui vont faire disjoncter les circuits limbiques et, du coup, éteindre la réponse émotionnelle, et ce malgré le fait du danger toujours présent.

Dès lors, le sujet ne ressent plus ni émotion ni douleur physique. En état de choc, il se perçoit comme “hors de son corps”, dépersonnalisé, incapable de réagir. Sa vie se poursuit, mais en présentant une difficulté de développement.

Réf. “La mémoire traumatique en bref“, Muriel Salmona


3- La croissance dissociative

En raison de cette expérience dissociative, le sujet génère lors de sa croissance une attitude de défiance et d’évitement face aux apprentissages usuels de l’existence. Plutôt que d’apprendre dans le but de se réaliser, il apprend dans le but de s’adapter en évitant les situations de conflit et de confrontation, car génératrices de stress qui ravive les souvenirs douloureux. On parle alors de “croissance dissociative.


4- Incidences des traumas sur la croissance morpho-psychologique

Biologiquement, le corps sécrète des charges “inappropriées” de cortisol et d’adrénaline (hormones qui préparent le corps à réagir face aux agressions) qui, à terme, rigidifient les chaînes musculaires, les fascias et le diaphragme (muscle assurant la respiration et la digestion).

Sur la durée, ces tensions plus ou moins chroniques sur les chaînes musculaires empêchent un développement harmonieux de la colonne vertébrale et provoquent divers tassements et des adaptations dites “négatives” de la verticalisation.

0-7 ans, dites phase de croissance rapide
7-14 ans, dites phase de socialisation
14-21 ans, dites phase de synthèse

5- Aspects pathologiques de la verticalisation

Au terme de la croissance, le corps accuse des aspects pathologiques de la verticalisation sous des formes décrites dans les schémas ci-dessous, ainsi que des aspects pathologiques du “Respir”, sous la forme de respiration thoracique, hyper/hypo ventilation, respiration sans pause, etc.

Les adaptations dites “négatives” du corps – souvent silencieuses lors de la croissance – sont considérées comme des conséquences de la croissance, et souvent non traitées. Dès lors, les “mémoires” des traumas s’encapsulent et conditionnent la morphopsychologie qui “exprime” tant son “bien-être” lorsqu’elle ne présente pas de “défaut”, que son “mal-être” sous la forme de souffrances ressenties sur le plan mental. Seule une actions concrète sur le corps peut déranger, interroger et libérer ces mémoires.

Aspects pathologiques de la verticalisation, ou tassements
Aspects visibles et invisibles des adaptations dites “négatives”

6- Aspects pathologiques de la respiration, ou du “respir”

Les énergies circulant entre la zone cognitive (la tête-cogitation) et la zone métabolique (le ventre-émotions) sont du coup perturbées par les diverses adaptations de la verticalisation et du respir. En MPTS, on parle de discordance psycho-émotionnelle, ou simplement de blocage émotionnel.

Les émotions, ressenties dans la zone métabolique, continuent à être “traitées” de manière confuse par le cerveau, qui continue à émettre des hormones de stress. Il en résulte un état quasi chronique d’agitation (troubles mentaux) au détriment d’un état de calme, de repos et de détente que génère la sécrétion de sérotonine produite essentiellement par l’intestin.

Dans le cas de la schizophrénie, ce désordre est tel que le sujet ne perçoit plus ses propres pensées comme étant les siennes. Il en découle, entre autres, des hallucinations auditives, visuelles, olfactives, etc. Dans une moindre mesure, cette discordance se manifeste au travers des nombreux symptômes psychologiques et/ou psychosomatiques ressentis parfois comme une fracture entre le haut (la tête) et le bas de son corps (le ventre).

Cette structure – ou organisation – ou carapace – morpho-psychologique est épigénétiquement inscrite au sein de chacune des cellules qui composent notre corps. Le mental (et donc ses troubles !) représente l’expression de cette organisation encapsulée dans la chair.

En d’autres termes, le mental est une notion immatérielle, dont la manifestation peut se classer en autant de descriptions que d’individus, alors que les adaptations inscrites au niveau du corps sont visibles, palpables et rectifiables de manière tangible.


7- La thérapie

La thérapie consiste à placer le corps dans les postures de la géométrie symbolique (dites “parfaites”) du corps humain, puis, grâce à des étirements, assistés du souffle profond, d’apporter les corrections dans le sens du rétablissement. Le souffle profond, ou “respir” pratiqué selon une technique spécifique à la MPTS, permet d’inscrire la correction au niveau des cellules.

Au fur et à mesure de la thérapie, les chaînes musculaires se délient et le corps retrouve ses qualités naturelles de verticalité, de mobilité, de souplesse, d’efficacité et de “respir” – soit redevient “tel qu’il aurait dû se présenter sans les traumas” ; en même temps que le cerveau retrouve une plasticité cérébrale débarrassée de ses cogitations inutiles.

Cette action constitue l’un des 5 axes démontrés par l’épigénétique (alimentation, relations sociales, gestion du stress, exercices, plaisir dans l’action) permettant de moduler et d’apaiser l’expression des gênes, et donc les agitations mentales.

Explication succincte de l’épigénétique – Joël de Rosnay

Références bibliographiques :

  • “Au centre du corps, le souffle”, Elie Christen, Editions LEP, 1996“SCHIZO”, Frédéric Meuwly, Editions Abysses, 2020
  • “Le livre noir des violences sexuelles”, Muriel Salmona, Dunod, 2019
  • “La bio-énergie”, Dr Alexander Lowen, Tchou, 1979
  • “L’analyse bioénergétique : Une thérapie psychocorporelle”, Alexander Lowen, Enrick Editions, 1975
  • “Tout est langage”, Françoise Dolto, Folio, 1984
  • “L’Image inconsciente du corps”, Dolto, Ed. du Seuil, 1984
  • “La symphonie du vivant, comment l’épigénétique va changer votre vie”, Joël de Rosnay, Poche, 2019
  • “Zen et vie quotidienne, la pratique de la concentration”, Taisen Deshimaru, Albin Michel, 1965
  • “Le don de la grâce”, Karlfried Graf Durckheim, Ed. du Rocher, 1992

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